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I used to wank on them when I was a kid cause there was no porn available
6 oct. Libé. « La Marche en arrière ». Page 2, ouverture de l’article « La manif pour tous défile en familles » avec la photo d’un mec plutôt joli. 17 ans, sous-riant, peau bien blanche, un air naïf qui donne envie de biffler (hum), un air surtout de pd-qui-ne-le-sait-pas-encore. Oui, oui, le radar à pédés, ça marche même à travers les pages d’un journal. Bref. Il a défilé dimanche. Je me dis qu’avec sa gueule et sa bouche, c’est du gâchis, il pourrait mettre le marais à ses pieds au lieu rabâcher les idioties qu’on lui a surinées depuis qu’il est tout petit. Ce serait quand même plus cool, plus stimulant, intellectuellement, de rencontrer des centaines de mecs, même si c’est le temps d’une pipe derrière une porte cochère, si si. Il dit « Un enfant, c’est un papa et une maman : c’est biologique et c’est psychologique ». Ne revenons pas sur l’absurdité de tout ça. Ca a été mainte et mainte fois contredit. Entre les lignes, on sent surtout la peur. « Je n’ai pas les mêmes relations avec mon père et ma mère ». Essentialisation. Ludovic, croit, comme on lui a dit, que le monde repose sur le mâle, sur sa force et sa capacité à diriger le monde. Il croit que c’est un caractère essentiel et immuable. Il refuse de voir un mâle différent, qui pourrait venir le troubler dans sa certitude du genre. Parfois, des congénères comme lui sont tellement ébranlés par la vision d’un mâle un peu « féminin » qu’ils en viennent à tabasser cette personne, jusqu’à la mort. Voilà ce qu’engendre le mensonge de cette essentialisation : les pires actes inhumains.
Petit Ludovic, tu fais la même chose, tu es sur le même processus d’angoisse-défense/externalisation-violence. Ton hétérosexualité fantasmée elle est pathologique, elle est irréfléchie, elle est absurde, elle est fausse. L’hétérosexualité de tes parents est maladive, elle véhicule un ensemble de mensonges prêt à s’effondrer comme un château de cartes, car elle est tout sauf naturelle, sinon tu ne flipperais pas comme ça. Et c’est précisément cette hétérosexualité, je ne rigole pas, qu’il faudrait songer à faire soigner, on est en 2014 petit Ludovic. Elle ne favorise pas l’intelligence, elle favorise la bêtise, le racisme, la violence la plus extrême. Je te le dis le plus sérieusement, mon homosexualité est saine, ton hétérosexualité est maladive.  
Je comprends que ce soit dur de s’ouvrir sur le monde, d’accepter que la famille ca n’est pas que ça, la petite vie probablement bien tranquille qu’on t’a servie jusqu’à maintenant. Ca n’est pas évident de repartir de zéro, d’apprendre que les choses sont instables, que la vie est précaire, qu’il y a de multiples formes de pratiquer sa sexualité, de vivre les choses et surtout, que l’incertitude est une chose saine et qu’il existe des zones d’incompréhension que tu as décidé de rejeter ou de combler pour y mettre du sens (Dieu). Libre à toi de le faire, mais sois sincère. Surtout accepte que d’autres revendiquent le fait que leur existence ne soit niée par ce voile mystique brodé d’occidentalisme hypocrite, et que toi tu prétends être vrai et immuable. Comprends aussi que l’existant s’adapte toujours aux circonstances et aux situations, mêmes nouvelles, et que la matière comme l’intellect sont en perpétuelle évolution et transformation.

Moi je sais que j’y connaissais rien à ton âge, enfin un peu plus quand même sur les choses qui se situent sous la ceinture. Mais j’avais qu’une envie, c’était de sortir de mon milieu étouffant, de m’échapper de ce modèle familial qui ne m’offrait aucune perspective joyeuse. Je ressentais à 17 ans un besoin profond d’être heureux en confrontant mes doutes et mes angoisses au monde, en partant en quête d’une résonance, d’un ailleurs, mais aussi des différences. J’étais curieux, je voulais absolument quitter mon petit village normand et aller explorer tous les possibles. Alors oui, au début, le petit ado que j’étais a été choqué, souvent, y a plein de choses que j’ai pas comprises, au début, parce que c’était bouleversant, intellectuellement. Mais tout ça a été déterminant pour que je comprenne le monde contemporain et surtout pour que je sois en mesure d’accepter l’humain dans toute sa diversité et son évolution. Parce que si tu es dans la rue petit Ludovic, c’est pas tant que ça te dérange de te faire enculer ou de toucher une autre bite que la tienne (peut-être même que c’est déjà fait, enfin je te le souhaite).

Non toi, tu défiles à côté de papa et maman parce que tu es feignant, parce que tu as encore peur de l’altérité, des conséquences de la mixité, mais plus fondamentalement de ta propre finitude et celle de ta lignée, bourgeoise, blanche. Tu es dans la rue pour des raisons de lutte de classe : tu es un privilégié, tu es de droite, tu es conservateur (à ton âge c’est quand même pitoyable), tu es pour la mondialisation mais seulement si ta culture écrase celles des autres, parce que ton milieu t’offre la sécurité d’un confort matériel et un confort intellectuel (penses-tu, mais il est bien pauvre). Sauf que, petit Ludovic, on vit dans un monde mondialisé, où les privilèges de naissance qui précarisent le peuple sont en train de tomber (eh oui, la philosophie, l’histoire, les sciences sociales, la psychanalyse et la science sont passées par là), que l’esclavage a été reconnu comme étant une chose inhumaine et atroce, que les femmes sont pas plus connes ou plus fragiles que les mecs. Si tu rejettes une chose, il faudrait rejeter tout en bloc…

Tu auras beau défiler avec ta famille et tes acolytes qui te transmettent toutes ces angoisses, tu ne pourras pas empêcher les couples mixtes en France, les unions entre personnes de même sexe. Tu ne pourras pas empêcher qu’il existe d’autres formes de cultures que la tienne et que celle de tes parents qui, au mieux, ne les acceptent que dans la mesure où ils sont convaincus de la supériorité de la leur, cette culture occidentale “universelle”. Tu voudrais pouvoir continuer à te mentir en pensant que tu es éternel. Tu ne veux pas t’avouer que tu fais partie de cette matrice capitaliste où tu n’es qu’une force reproductrice nécessaire à sa survie.
Tu n’est pas éternel. Les choses ont une fin. C’est pourtant pas compliqué d’accepter cela, même si je comprends que ce soit douloureux. La vie est précaire, les modèles sont instables par nature, comme il n’y a pas d’être, il n’y a que de l’avoir. Accepter cela, ce n’est pas se mettre en péril. C’est au contraire commencer à être plus fort, plus ouvert et plus intelligent, et mieux armé. C’est être dans le monde pleinement et sans volonté d’écraser l’autre. Ton intolérance elle est bête et violente. Mais elle est inutile. Elle te sert au mieux à canaliser tes angoisses et à libérer de temps en temps ta souffrance, dans la rue (pour la version la plus pacifique). Mais en aucun cas, tu le comprends bien, ton intolérance ne pourra légitimer le fait d’empêcher les autres d’exister et les différences de s’affirmer. Elles existent, elles sont là à côté de toi. Alors arrête de t’angoisser pour rien, ouvre les yeux et ferme ta gueule.

David Koch by Cosimo Buccolieri
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will have to give away more